Les emplois sont aussi volatiles qu’une fumée de cigarette, tel est le triste constat que nous pouvons énoncer aujourd’hui.

Derrière les emplois, il y a des hommes et des femmes, derrière ceux-ci des familles et le désœuvrement est l’unique chose qui reste à la fin… L’humain disparaît derrière le profit. Qu’importe la pauvreté des uns, leur détresse, tant qu’un certain système subsiste. L’indifférence du gouvernement est totale. Ne pas protéger nos emplois, briser nos savoir-faire c’est donner le champ libre aux multinationales, à la concurrence sauvage et déloyale. Le contrôle, c’est le pouvoir. Contrôler le jeu, c’est ainsi agir à tous les niveaux. Certains domaines sont pourtant particulièrement à surveiller car mettent en jeu la santé publique.

Quelles réactions ? Aucune. Les salariés demeurent seuls et les dirigeants restent sourds. Pourtant nous pouvons revendiquer par l’expression et transmettre un message. Une voix peut s’élever et ainsi porter cette funeste réalité. Rappelez à vous la force de l’union, véhiculez ces mots car les mots peuvent devenir des armes !

Halte aux délocalisations ! Soutenons l’action de ces salariés riomois dont l’industrie va fermer le 30 septembre 2017.  Dernière fabrique de cigarettes en France continentale, c’est une fois de plus de nombreux emplois qui seront perdus à jamais !

Perdus ? Pas vraiment. Pas pour les décisionnaires car eux, au contraire, vont encore multiplier leurs gains. En effet, ces 239 postes perdus vont être délocalisés. En Pologne, en Allemagne…

Il ne s’agit évidemment pas d’opposer des pays et encore moins des peuples. Il est question de défense de nos intérêts et peut-être même de survie.

Comment est-ce possible ? N’avons-nous pas un Etat censé nous protéger ?

Il faut croire que ce dernier a démissionné de cette fonction, comme tant d’autres. Il faut porter à votre connaissance que cette opération de délocalisation a été fortement simplifiée par les lois Macron (juillet 2015) et El Khomri (août 2016). Celles-ci ont en effet autorisé la procédure de PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) avant reprise pour certaines entreprises et élargi les conditions au sein desquelles les entreprises peuvent pratiquer le licenciement économique.

Pourtant quels mots employés, quel sens à donner à une telle action quand on sait que l’usine rapporte 160 millions d’euros par an selon une source syndicale ?

Vendue au profit ! Voilà les mots pourtant exécrables qui me viennent à l’esprit !

Un cas unique ? Et si seulement…  Il faut savoir que de grands groupes délocalisent actuellement à tour de bras. Bien entendu, ils procèdent munis d’un gant de velours. Ils commencent par des services internes ou des prestataires. Et ils prennent grand soin de ne toucher – pour l’instant – que les départs dits « naturels » (retraite, démission).

Comment justifier cette manière de procéder ? Le coût salarial. Nous coûtons trop cher !

Demain où irons travailler nos enfants, nos jeunes ? Et que ferons ces personnes qui ont passé leur vie dans une usine qui n’existera plus demain ? Personne ne sera épargné. Bien sûr, nous pouvons nous installer dans notre confort quotidien et penser que nous ne sommes pas tous concernés. Détrompez-vous car tout se répercute. La personne qui n’a plus d’emploi limite son train de vie. Adieu petits plaisirs, surplus, loisirs. Tous les acteurs de la société finiront par être touchés !

Certains diront : il n’y avait pas d’autres solutions ! Et que dire quand on sait qu’un projet alternatif a été proposé pour l’usine de Riom qui permettrait à la fois de garder les installations et de protéger notre santé (celui-ci résiderait sur une grande traçabilité de la filière qui permettrait de proposer une cigarette moins nocive et qui entraînerait une dépendance moindre) ?

La délocalisation est un fléau qui se doit d’être combattu comme tel !  Transmettez ce message !

A.G